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Dans l’aube naissante du 10 mai 1940, 10 gros planeurs de transport déposent une troupe d’élite de parachutistes allemands sur la superstructure du fort d’Eben-Emael (nom de code GRANIT). Il n’y avait pas eu de déclaration de guerre officielle.

Immédiatement après l’atterrissage de son planeur, un groupe d’assaut neutralise les mitrailleuses de la défense aérienne. Grâce à l’utilisation d’un nouveau type d’explosif, la charge creuse, la plupart des cloches d’observation, des bunkers de mitrailleuses et des coupoles d’artillerie sont mises hors combat en très peu de temps.

Simultanément, à proximité de 3 ponts sur le canal Albert, situés au nord du fort, des planeurs atterrirent et 2 de ces ponts furent pris intacts.

Les contre-attaques des artilleurs du fort échouèrent par manque d’armes automatiques et d’entraînement. Le terrain défavorable aux contre-attaques et les bombardements réguliers de l’aviation allemande firent que les assaillants allemands conservèrent la supériorité.

Les tirs d’artillerie des forts de Liège (Pontisse, Barchon et Evegnée) sur le fort d’Eben-Emael n’eurent aucun résultat car les parachutistes allemands trouvèrent refuge dans les bunkers déjà conquis.

Dans la nuit du 10 au 11 mai 1940, les troupes terrestres allemandes parvinrent à franchir le canal Albert et le fort fut alors encerclé.

Le 11 mai 1940, il n’y avait plus que 2 ouvrages d’artillerie encore en état de tirer mais le pointage devint impossible faute d’objectif à battre comme les postes d’observation avaient été neutralisés. La situation des défenseurs était devenue critique. Les effets dévastateurs des nouveaux explosifs allemands avaient sérieusement entamé le moral de la garnison. Beaucoup de soldats de la garnison avaient été tués, grièvement blessés ou démoralisés. Aussi, les défenseurs arrêtèrent les combats un peu avant midi le 11 mai 1940 et le fort fut aussitôt occupé par l’ennemi.

La charge creuse

Une charge creuse de 50 ou de 12,5 kg est remplie d’explosif mais, contrairement à une charge explosive classique, la force de l’explosion se concentre au milieu de la cavité créée à sa base. Ainsi, l’explosion d’une charge creuse de 50 kg peut percer 20 à 25 cm d’acier et 35 cm de béton. Lors de son explosion, une énorme quantité de gaz concentrée en un point et portée à une température de +/- 2.800° Celsius se dégage en un temps extrêmement court et provoque une violente onde de choc qui détruit et enflamme tout matériel rencontré.

Le principe de ce fonctionnement était déjà décrit fin du 18ème siècle mais sa transformation en une arme de destruction eu lieu fin des années 1930 (effet Munroe connu en 1888. La 1ère application déjà en 1792).

Cette nouvelle arme a été utilisée pour la 1ère fois lors de l’attaque du fort d’Eben-Emael.

L’effet psychologique de l’attaque

Le succès allemand à Eben-Emael était unique sur différents aspects.

Il signifiait non seulement la percée de la position du canal Albert mais il portait un sérieux coup au moral des Belges et des Alliés et donnait un énorme appui aux troupes allemandes: le plus grand fort d’Europe avait été éliminé en un minimum de temps !

D’autre part, la percée eut un effet bien plus large, un effet stratégique. Comme prévu par le haut commandement allemand, les troupes françaises et britanniques se portèrent au centre de la Belgique et laissèrent ainsi la voie libre à l’attaque allemande à travers les Ardennes.
Le résultat en est connu : les troupes alliées furent encerclées en Belgique et repoussées autour de Dunkerque et Calais.